CGT, violences, Paris
Société

Samedi 1er mai au soir, plusieurs membres de la confédération des travailleurs ont été pris à parti par des individus violents place de la Nation. Le parquet de Paris a aussitôt ouvert une enquête pour violences volontaires et dégradations.

«  Déchaînement de haine  »

La situation a dégénéré alors que le cortège de manifestants atteignait la place de la Nation, sur les coups de 18h30. « Normalement, c’est le moment où on remballe le matériel, on désinstalle. Mais là, ça n’a pas pu se passer comme ça », explique Benoît Martin, secrétaire de l’union départementale de la CGT de Paris. 

En effet, les manifestants étaient attendus par un groupe d’individus violents, qui les ont agressés « sans distinction », faisant vingt-et-un blessés dont quatre graves. « En manifestation, j’ai souvent vécu des moments violents, mais là, nos militants ont été attaqués, des gens ont été frappés avec des bâtons, ils ont reçu des coups de pied, les camionnettes ont été détériorées. On a été insultés de collabos, on a été caillassés. Ça a été un vrai déchaînement de haine », témoigne Benoît Martin.

Mais ces violences sont loin de décourager les cégétistes, qui savent que leur combat est juste. « Bien sûr, ça nous a fait réfléchir. On se dit qu’il faudra qu’on renforce notre service d’ordre. Mais ça ne nous refroidit pas pour autant, nous continuerons à aller manifester pour la solidarité, la justice et le progrès social », conclu Benoit Martin.

Indignation générale

Plusieurs élus de gauches et autres syndicalistes ont exprimé leur soutien à la CGT suite à l’incident. « Honte à ceux qui, plutôt que de lutter contre la politique du gouvernement, ont préféré taper sur ceux qui défendent les salarié-es ! », s’est indigné Fabien Roussel, secrétaire national du parti communiste.

« Solidaire des militants CGT agressés par un commando masqué. La violence déployée contre le grand syndicat signe la gravité de l’événement. Où va la France ? », s’interroge pour sa part Jean-Luc Mélenchon.

gilets jaunes, violences
Société

Vendredi 24 janvier, l’Observatoire parisien des libertés publiques, organe indépendant composé de la Ligue des droits de l’homme et du Syndicat des avocats de France, a publié un rapport intitulé « La stratégie de la nasse contre le droit de manifester », qui analyse les méthodes employées par les autorités pour mater les manifestants, notamment le 16 novembre 2019, lors du premier anniversaire des gilets jaunes.

Pacifistes violentés

Selon les « observateurs des libertés », les protestataires présents place d’Italie le 16 novembre ont été encerclés et asphyxiés sans raison par les forces de l’ordre. Une stratégie qui « a pu empêcher la constitution d’un cortège pacifique, alors même que de très nombreux·manifestant(e)s ne démontraient aucune forme d’agressivité », estime l’Observatoire.

Or, la loi est claire sur ce point : l’usage de la force doit être justifié et strictement proportionné au comportement déviant. Cela n’a pourtant pas empêché les agents de la BAC d’utiliser leur LBD sur des protestataires pacifiques, « y compris sur des personnes semblant être des passant(e)s ». Les membres de la BRAV-M (Brigade de Répression de l’Action Violente Motorisée) auraient eux conduit des charges injustifiées, et lancé « des grenades à main contre des manifestant(e)s sans aucune nécessité ».

Technique de la nasse

A partir de 13 h 40 le 16 novembre, la police a commencé à utiliser la technique de la nasse contre les manifestants, en les encerclant et en ne leur laissant qu’une seule échappatoire. Une fois le piège refermé, les policiers ont usé massivement du gaz lacrymogène et du canon à eau, ce qui a entraîné des « mouvements de foule importants », et poussé les gens à se « réfugier à l’intérieur des commerces ». Selon l’observatoire, la liste des victimes comprend « une personne mutilée ayant perdu un œil, un journaliste grièvement blessé au visage et des personnes en état de détresse (évanouissement, crise de panique) ».