Coup de gueule

C’est un constat des plus alarmants que nous livre l’association WWF dans la dixième édition de son rapport annuel intitulé “Planète vivante” et qui mesure l’évolution de la biodiversité et des espèces vivantes sur notre planète. Un population de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons, qui aurait régressé de 52% en à peine 40 ans. Un seul responsable : l’Homme est ses activités.

Selon cette étude basée sur plusieurs indicateurs comme l’indice Planète vivante (IPV) qui mesure l‘évolution de la biodiversité à partir du suivi de 10 380 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 038 espèces vertébrées de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons. Des espèces qui ont perdu près de la moitié des leurs congénères depuis les années 1970.

Certaines espèces tropicales en Amérique centrale et en Amérique du Sud auraient même enregistré un recul de leur IPV de plus de 80 %. Pour WWF, pas de doute, le responsable est bien l’Homme est sa frénésie du développement. L’Homme agit comme s’il disposait de ressources infinies, sans prendre en compte la nécessaire régénération des écosystèmes, explique les auteurs du rapport. En substance, l’espèce humaine « consomme » plus d’une Terre. Une réalité qui, du fait d’une pression démographique toujours plus importante, sera de plus en plus patente.

Nous nous désintéressons de leur sort pour notre propre perte“, souligne le Fonds mondial pour la nature.

Crédits photo : Benh LIEU SONG

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Ce mardi 20 août sonne le glas des ressources que nous offre “naturellement” notre belle planète bleue. En effet, selon l’Organisation Non Gouvernementale Global Footprint Network (GFN), il s’agissait du tristement célèbre “Global Overshoot Day“, le jour où ce que la nature régénère n’est plus suffisant pour alimenter l’activité humaine.

Ce jour est déterminé par calculs depuis 2003 par les scientifiques de l’ONG basée au Canada et le think tank New Economics Foundation. Il ne nous aura fallu que 232 jours, en 2013, pour consommer les ressources naturelles disponibles produites par mère Nature. Cette empreinte écologique est calculée en hectare global par habitant et mesure le rapport entre les ressources naturelles disponibles et la consommation réelle d’un pays.

Le premier dépassement est intervenu en 1970 et, depuis, ne cesse de s’avancer signifiant une accélération inéluctable du processus de dégradation de notre planète. Selon GFN, il faudrait actuellement “plus de 1,5 Terre pour répondre aux besoins d’une population humaine toujours croissante. A ce rythme, nous aurons besoin de 2 planètes bien avant la moitié de ce siècle“.

Le rejet massif de CO2 et la surexploitation des milieux naturels seraient les principaux responsables de cette “dette écologique“. “Le seuil critique a été atteint depuis environ trente ans et la consommation des hommes dépasse désormais ce que la nature est en capacité de lui fournir en termes de recyclage de CO2 libéré et de production de nouvelles matières premières” indique l’ONG.

WWF ne se veut guère rassurant en concluant que “notre empreinte écologique va encore augmenter surtout que d’après les prévisions des Nations unies, la population mondiale atteindra les 9,1 milliards de personnes en 2050“. La Terre n’est pas prête d’afficher des excédents en termes de ressources…

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WWF : LUTTE CONTRE LE BRACONNAGE D’IVOIRE

Depuis janvier 2012, des centaines d’éléphants ont été massacrés dans le Parc National Bouba N’Djida, au nord du Cameroun. Cette situation inacceptable a alors conduit le gouvernement a organiser en mars dernier une opération militaire anti-braconnage de grande ampleur au sein de ce parc, mobilisant alors plus d’une centaine d’hommes des forces armées. Aujourd’hui la mobilisation s’étend et les premières sanctions voient le jour.

La semaine dernière, douze braconniers suspects ont été arrêtés et quatorze défenses d’éléphants ont été confisquées en dehors de zones protégées dans le sud du Cameroun. Des patrouilleurs ont procédé aux arrestations et aux saisies près des parcs Nationaux de Boumba-Bek et Nki. Cette opération a été rendue possible par les renseignements reçus de la part des groupes de surveillance formés par le WWF dans les villages des environs. Les braconniers ont été condamnés à une longue peine de prison et une amende importante.

Les parcs nationaux de Boumba-Bek et Nki, tous deux voisins, abritent environ 4000 éléphants. Ces éléphants, qui vivent pourtant dans des zones protégées, sont menacés par des braconniers venant du Cameroun ou du Congo. Cela faisait un an que les suspects opéraient dans la région. Ils n’en sont plus à leur coup d’essai et se sont déjà évadés plusieurs fois. Des enquêtes préliminaires ont montré que ce groupe de braconniers entretient des liens très forts avec un autre groupe basé à Souanke, au Congo. Ils s’attaquent principalement aux éléphants du parc national de Nki.

Quatre braconniers ont déjà été condamnés à une peine de prison de 18 mois et à une amende de 30 millions de francs CFA, soit 45.700 €.

« Après les protestations internationales suite au massacre du Parc de Bouba N’Djida, il était temps de mettre un terme à cette tuerie insensée, motivée par le commerce », a déclaré David Hoyle, Directeur de la Conservation pour le WWF Cameroun. « Le droit camerounais a appliqué la loi à la lettre avec ces sanctions et nous espérons que ce jugement aura l’effet désiré. »

Pour rappel, chaque année, plus de 12.000 éléphants, la plupart en Afrique centrale, sont tués pour leur ivoire

source article : http://www.wwf.fr

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WWF FRANCE : ORPAILLAGE ILLÉGAL EN GUYANE

De retour de mission sur le Haut-Maroni, et à quelques heures de l’arrivée du chef de l’Etat, le WWF France dresse un constat très mitigé de la situation de l’orpaillage illégal.

Du 16 au 19 janvier 2012, des représentants du bureau du WWF France en Guyane se sont rendus dans différents villages amérindiens du Haut Maroni (Kayodé, Twenké, Taluen, Antecume Pata), territoire du Parc Amazonien de Guyane. Ces visites ont permis de constater directement l’évolution de l’orpaillage illégal sur cette partie du territoire Guyanais.

Des contacts moins fréquents entre population locale et garimpeiros…

Hormis la situation au village d’Antecume Pata, la plupart des villages constatent des contacts moins fréquents avec les garimpeiros pratiquant l’exploitation aurifère illégale, ce qui pourrait suggérer une moindre pression de l’orpaillage illégal.

Il est d’ailleurs remarqué que globalement, les grands convois de ravitaillement fluviaux, transportant vivres, matériels, voire pelles mécaniques, se sont largement raréfiés ces derniers mois.

… qui s’expliquent par des nouveaux réseaux de ravitaillement.

Sur le terrain, il apparaît que cette baisse des contacts est moins liée à un recul de l’activité d’orpaillage illégal qu’au développement de nouveaux circuits de ravitaillement établis sur le Haut Maroni par les filières clandestines. Profitant de l’installation récente de commerces sur la rive surinamaise du Maroni, œuvrant comme véritables bases-arrières de l’orpaillage illégal, des centaines de porteurs convoient chaque nuit, par voie terrestre, le matériel nécessaire à l’exploitation aurifère illégale. Comme l’ont décrit de nombreux habitants, un maillage cohérent du territoire permet maintenant aux pratiques illégales de perdurer, rendant ces mouvements moins détectables que par les voies fluviales traditionnellement utilisées jusqu’alors. Les points de contrôle du dispositif Harpie sont donc régulièrement contournés par voie pédestre ou par piste de quad.

Le WWF a pu détecter, le mardi 17 janvier 2012, une turbidité forte sur la crique Lipo Lipo, zone d’usage des habitants de Antecume Pata. De même, la crique Waki et deux autres affluents du Tampock en amont du village de Kayodé, montraient ce mercredi 18 janvier 2012 les mêmes indices forts d’orpaillage illégal.

Pour illustrer l’évolution de cette situation, le WWF France met en ligne aujourd’hui sur son site www.nonalorillegal.fr , une vidéo réalisée en octobre 2011. Cette vidéo, à laquelle a participé Lucie Décosse, championne du monde de judo et native de la Guyane, présente la diversité des pratiques d’orpaillage illégal (orpaillage alluvionnaire, orpaillage primaire) que subit la Guyane.

Vers une approche transfrontalière du fléau ?

Dans le cadre de la visite présidentielle en Guyane, le WWF attend des engagements forts de l’Etat français en termes de coopération régionale avec le Suriname, ainsi que le maintien et le renforcement territorial du dispositif Harpie pour répondre au développement des réseaux terrestres d’approvisionnement.

source article : http://www.wwf.fr/